Programmation

Mardi 23 avril

Comme de nouveaux cris de coeur. Hervé Vilard, intime, pour une indéfectible foi en la poésie. Dans une élégante formule piano-voix, le chanteur s’empare de pépites de Jean Genet, Maurice Fanon, Jacques Prévert, Bernard Dimey, célèbre des auteurs contemporains comme Alex Beaupain ou Vincent Delerm et redessine les contours de quelques-uns de ses tubes.

Bertille Fraisse, multi-instrumentiste de formation classique, dévoile dans cet Ep brûlant aux multiples influences, un univers féminin, mélangeant le doux au dur, les caresses aux coups de griffes. Si sa musique flirte parfois avec la mélancolie d’une poésie sombre, elle garde toujours cette touche d’espoir propre aux grands rêveurs. Bertille, c’est un son, une humeur, une voix singulière, et le sensible comme étendard. L’élégance brute et sans compromis d’une chanson electronique et orchestrée.

Mercredi 24 avril

Chansonnier-slameur au verbe parfaitement poli mais impoli, Govrache dessine avec une virtuosité indéniable, les petits riens du quotidien. Il vient piquer nos consciences endormies, assénant ses textes coups de poing qui nous forcent à sortir de notre léthargie et nous éveillent au monde alentour… Abrupte réalité de contextes sociaux que, par confort, nous choisissons parfois d’ignorer.

 

Pas d’anniversaire sans bougies brillantes, pas d’hommage sans invité-e-s de marques, point de célébration sans exceptions. Pour ses 20 ans, le Printival invente et s’apprête à célébrer son propre Triangle des Bermudes de la chanson. Trenet de Narbonne, Brassens de Sète et Lapointe de Pézenas seront convoqués un même soir, contre vents et marrées lors d’une nuit évènementielle. Parrains et marraines du festival (Anne Sylvestre, Loic Lantoine, Mouss et Hakim…) seront à l’œuvre pour jouer avec les mots de ces 3 monuments sous la direction de Sam Burguière (des Ogres de Barback) et des invités tels Imbert Imbert, Evelyne Gallet, Bertille, Jean Luc Amestoy ou Barbara Hammadi.

 

Kùzylarsen est alors un parcours, une synthèse, une épure, un dessin fini, le croisement entre les riffs du rock, les musiques d’obédiences méditerrannéennes et moyen-orientales, et la chanson française. Et côté chansons, les textes seront chatoyants, chantés d’une voix douce -masculine, souvent doublée de son âme soeur. Il s’y parle de l’intime, de douleurs mystérieuses et profondes, de sensualité et d’amour. Le tout dans des arrangements dépouillés, parfois bruts, toujours minimalistes.

 

Jeudi 25 avril

Antoine Corriveau est un artiste à part entière débarqué dans le paysage québécois en 2011. Depuis plusieurs nominations pour des prix prestigieux, et le prix André Dédé Fortin pour l’album indie rock de l’année au Gala des GAMIQ 2017, la réputation de l’artiste n’est plus à faire. Il figurait d’ailleurs parmi les cinq nouvelles voix à surveiller dans Le Point (France) : « On le compare souvent à Bashung. Il est vrai que leurs voix, leurs écritures, leurs allures ne sont pas tout à fait étrangères. » Un nouvel EP, Feu de forêt, est disponible depuis le 2 novembre.

 

Allez jouer dehors !
Thomas Pitiot nous revient avec des chansons concoctées plus particulièrement pour des oreilles enfantines. Ce nouveau spectacle adressé aux enfants, mais aussi à leurs parents, s’inspire des différences qui nous nourrissent, des voyages et des envies de liberté. Dans ces chansons aux rythmes et aux parfums d’ailleurs, on retrouve des animaux qui parlent en verlan, une cousine qui pendant la récréation rivalise avec les garçons, les chapeaux enchantés de l’ami Paco, des bouquets de prénoms qui résonnent dans une classe sans frontières, une petite fille nommée Balakissa bien ennuyée pour faire du ski à Bamako !

 

À l’automne 2018, Salomé Leclerc nous revient avec un troisième disque : Les choses extérieures. Sur ce nouvel opus fort attendu, la femme- orchestre cumule les rôles d’auteure- compositrice, d’interprète, de multi- instrumentiste, d’arrangeuse et de réalisatrice, guidée par son instinct et par son désir de se dévoiler un peu plus. L’album est immédiatement encensé par la critique, et la tournée Les choses extérieures démarre à Montréal avec une représentation à guichets fermés lors du festival Coup de coeur francophone.

 

Mélissa Laveaux est née à Ottawa et a toujours navigué entre deux langues, l’anglais et le français, et deux cultures, celle d’Haïti que ses parents ont fui et celle du pays où elle est née. D’Haïti, elle est revenue avec des sons, des mélodies, des ambiances et des histoires de temps évanouis mais jamais révolus, et autant de couleurs d’un tableau qu’elle s’est sentie libre de composer. Et c’est bien ce dont il est question dans son dernier album Radyo Siwèl.

 

Avez-vous déjà eu l’impression d’être prisonnier au beau milieu d’une immensité sans frontières ?
Sentir la nécessité vitale de s’échapper alors qu’il semble pourtant n’y avoir aucun Ailleurs ? Ou alors si loin… C’est ce qu’a vécu la chanteuse Elisapie Isaac, qui a grandi dans l’Arctique canadien. Du blanc et du vide à perte de vue. La sensation d’immobilité.
La jeune femme inuit a donc la fuite dans les idées depuis toujours. Et un beau jour elle franchit le pas, et prend le chemin interminable du sud.

 

Vendredi 26 avril

Chanteur et diseur. Comédien et musicien. Poète et mime. Ignatus est cela, tour à tour et à la fois. Jérôme Rousseaux s’est choisi cet alias après avoir fait ses classes avec Les Objets, duo pop qui osait traduire en français ses influences anglo-saxonnes. C’était le début des années 1990. Depuis, sa vie d’artiste n’a cessé de se jouer dans un entre-deux : mêlant chanson et électro, pop et musique africaine, tradition et modernité.

 

Entre l’Afrique du Nord, l’Andalousie, le Congo et la Catalogne les deux troubadours nous font revivre leurs périples respectifs aux chemins entrecroisés de rencontres et d’histoires comme un hymne à la diversité, à la rencontre et au partage. Guitares, Calebasse, Flûte, Guembri, enveloppent d’un doux écrin les voix chaleureuses et singulières de Samir Mouhoubi et Davy Kilembé dans un répertoire original parsemé de pépites traditionnelles.

Nul ne sait ou nous mènera « Je viens d’où tu vas » mais le voyage sera assurément doux et coloré…

 

Matéo Langlois, c’est un touche à tout.
Chanteur au grain singulier, c’est autour de ses textes qu’il fusionne Piano, Rhodes, Beat Box, Sax et pédales d’effets.

 

Phanee de Pool débite, déboîte, déroule, déballe, déambule, détonne, décale (souvent) et désarme (parfois). Du slam ? Du rap ? Non. Du slap, baigné dans une chanson française franche mais onctueuse.

 

Au départ, il y a l’idée d’Eugénie Ursch de réunir pour le festival « Fous d’archet » en 2017 à Toulouse son Hardcordes trio et quelques chansons de CHOUF. Trois chansons plus tard c’est une évidence pour tous qu’il faut trouver un prolongement à cette aventure sur un répertoire plus long.

 

Chilla est une jeune dame de 24 ans, de nationalité suisse, qui rappe et vient de sortir son premier disque chez Universal. Jusque-là rien d’extravagant. Sauf qu’elle compte par millions le visionnage de ses clips sur les tubes en ligne et empile les articles élogieux dans le Monde ou les Inrockuptibles. Surtout elle passe du rap au chant avec une aisance confondante et se moque desclichés du hip hop sans craindre d’en jouer. Elle Balance son Porc avec la prestance de ses ainées américaines et signe un « Si J’étais un homme » au féminisme assumée. Une révélation.

 

Dans l’univers du hip hop il y en a peu qui ose se couper en deux et la jouer profil bas. Le sétois Rachid Daif alias Demi Portion est de ceux-là. La fierté, il la laisse aux vestiaires et joue franc jeu dans le rap game. Aux côtés des anciens comme la Scred Connexion, Oxmo Puccino ou Iam ou avec des nouveaux venus comme Guizmo ou Josman. Mais aussi avec son Demi-Festival à Sète toujours complet en un clin d’œil au mois d’aout au Théâtre de la Mer. Un rap que l’on nomme « conscient » ou « positif » mais qui est tout simplement humain, intelligent, sensible. Son dernier projet se nomme Super-Héros.

 

Samedi 27 avril

Créé en 2012 à la suite de la disparition soudaine de Lucette, une amie commune, le groupe Ma pauvre Lucette commence à fabriquer des morceaux dans des caves et des greniers au rythme des réunions. Rapidement, l’univers s’installe, entre humour noir et chorégraphies pittoresques. De création en création, le registre musical initial très inspiré de la chanson française s’ouvre à la pop, au rap, et devient plus éclectique.

 

Et hop c’est parti pour un rock, une java ou une valse, un twist ou un cha cha … Çà s’enchaîne et c’est irrésistible ! On est littéralement embarqués par les matelots, surpris de se retrouver soudain à danser un tango sur un Gainsbourg ou chanter un madison sur du Boby Lapointe, à tel point qu’on finit par ne plus savoir si c’est d’la chanson à danser ou d’la danse à chanter.

 

Comme un acteur se fond dans la scène, Hildebrandt chante dans l’écrin sonore, et il y mène un jeu de rôle avec les instruments au service du tableau final. Là où il n’est souvent question que d’espace, il crée le volume : voilà la force de son album « Les Animals ». Sa voix, son écriture rôdent dans les ciels tissés par la musique. Elles dansent sur des carrousels de poche, se dandinent sur des étoiles électro pop dance, suivent la lente cadence des marches hypnotiques ou s’évadent dans des ballades capturées en cartes postales sépia…

 

 

Dans le royaume de la chanson française, Camille Baz Baz est une figure à part. Presque un rayon de disques à lui seul depuis ses débuts avec le Cri de la Mouche et Les Sattelites, ses projets dub et reggae (avec Winston Mcanuff entre autres), des BO pour Pierre Salvadori (au nombre de six) et ses albums solos. Son neuvième nommé « Manu Militari » sort au mois de mars et sera présenté presque en exclusivité pour le Printival. A l’intérieur, toujours cette délicieuse recette rythmique, mélange de langueur nonchalante, d’odes amoureuses et de chaloupes exquises. Une mixture idéale pour conclure ces 20 ans de chansons, sans colliers et sans frontières.

 

C’est d’abord un personnage de contes: Laurent FELLOT.
Artiste autodidacte, fils de viticulteur, qui ressent la terre et les gens, sculpte le bois et fixe le chant des oiseaux. Abat un arbre, rabote des planches, les fait sécher pendant vingt ans, et construit sa contrebasse à tête d’oiseau. Parce que la poésie est là, à portée d’humain, sous la fourche du paysan, dans la ferveur d’une poignée de mains, la chaleur d’une guinguette et l’odeur d’une botte de foin, dans ce coin de terroir du Beaujolais. Dans ses voyages aussi: Québec, Mayotte, Allemagne, Belgique, Suisse… d’où il ramène des tranches de vie, sublimées par cette plume intacte, directe, qui touche au coeur. Autour de lui, six compagnons de route virtuoses soutiennent habilement l’originalité du propos. Cordes, peaux, choeurs et vents dialoguent, se percutent et s’harmonisent dans un tourbillon musical effréné, abolissant les frontières musicales. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: transmettre une émotion, en appeler aux sens, s’unir dans la révolte, partager cette joie d’être ensemble.